Ainsi naquit le « G-11 »

« G-11 ». C’est le nom que l’histoire retiendra pour rappeler ce jour sombre du lundi 23 juin 2025, ou un fils égaré du village a osé trainer onze de ses frères devant la gendarmerie, les accusant de mille choses. « G » est mis pour Gendarmerie et « 11 » du fait qu’ils étaient onze. Voici dix soldats et protecteurs des biens du village, qui aux côtés du Chef Coutumier Suprême, qu’un enfant du village accuse d’accaparement des terres, de menaces, de violences, de mensonges, de sorcellerie… Un natif du village, de surcroit l’un des plus âgés, qui multiplie les provocations envers et contre tous, qui traîne sa propre cellule familiale devant les tribunaux et qui se targue d’une capacité de nuisance à nulle autre pareille. Mais à qui nuira-t-il si ce n’est à lui-même ? A qui fait-il du tort si ce n’est à sa progéniture ? Il dit à qui veut l’entendre, que personne n’aura de repos tant qu’il vivra. Le village souhaite qu’il vive le plus longtemps possible, pour qu’il dépense toute son énergie à lutter contre le vent et à s’imaginer des adversaires. Les cauchemars qu’il prédit aux autres seront les siens. La réalité est que le village souhaite aménager le site rituel laissé par les devanciers et tous les défunts Chefs. C’est un site que le Conseil élargi du village a à l’unanimité baptisé « Lum la bembamba », que l’on peut traduire par sanctuaire de toutes les concessions familiales. Son inauguration après aménagement est prévue au cours d’une prochaine édition du Festival Botina/JDC.   Cet espace qui fait la convoitise de ce fils du village est pourtant au service de tous les natifs, y compris lui-même. C’est ici que les parents ont fait il y a plus de trente ans, des rites dont les fruits ont été une succession des naissances, à une époque où aucune femme n’arrivait plus à garder une grossesse. C’est aussi sur ce site que le Festival Botina/JDC tient sa veillée rituelle à chaque édition, la seule articulation uniquement réservée aux natifs et à leurs familles. Comment donc comprendre qu’un fils du village revendique un tel espace pour lui seul et à titre privé ? Un espace qui après treize années de procédures judiciaires a été reconnue par les autorités administratives compétentes en matière foncière, comme étant la propriété de l’ensemble de la communauté. En tous cas, la messe est dite, puisqu’un titre foncier a été délivré à la Collectivité de Sodiko représentée par son chef. Quoi qu’il en soit, le « G-11 » ne va pas se dérober et répondra présent à toutes les convocations devant les différentes autorités, y compris judiciaires. Mais gare à la foudre des Ancêtres, lorsqu’ils décideront de dire et d’imposer leur loi.

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