La célébration à Sodiko des dix ans de production de Dangote Cement Cameroon ne manque pas de susciter des interrogations auprès de l’opinion publique qui n’est pas toujours très informée à bonne source. Cette fête qui a fait la joie des populations de Sodiko et des populations riveraines le 10 juillet 2025, tire pourtant ses racines d’une situation qui a failli dégénérer il y a plus de dix ans entre l’industrie du richissime homme d’affaire Nigérian Alhaji Aliko Dangote et le peuple Sawa. En 2012 en effet, alors que le torchon brulait entre l’investisseur et le peuple Sawa sur le site duquel le gouvernement avait autorisé l’implantation de la cimenterie, le Président de la République a décidé de la mise en place d’un comité de règlement de ce litige qui cristallisait les tensions. Le Ngondo (organisation culturelle et cultuelle Sawa), va alors désigner le Chef de Sodiko, Sa Majesté Ness Essombey Ndambwe, pour porter la voie du peuple Sawa au sein de ce Comité qui regroupait diverses administrations et qui était présidé par un Conseiller Spécial du Chef de l’Etat aujourd’hui décédé. Au terme de trois jours de débats tendus et parfois houleux, les parties arriveront à un accord qui permet à Dangote Cement de s’installer sur le site sollicité et à la communauté Sawa de bénéficier d’un site de dix hectares de l’autre côté du pont sur le Wouri. S’il faut saluer l’esprit qui a animé tous les participants aux travaux du comité, il faut particulièrement relever pour l’histoire, le rôle majeur et capital joué par le Chef de Sodiko dans cette affaire, lui qui n’a pas été consulté avant sa désignation dans le comité et qui n’a reçu aucune consigne ou ligne de conduite durant les travaux. La seule chose qui lui a été dite par les dirigeants du Ngondo de l’époque, est qu’il sait ce que souhaite le peuple et qu’il se débrouille au mieux pour le faire prévaloir. On se rend compte au vu du résultat, que le monarque de Sodiko a négocié et obtenu au-delà des espérances du peuple Sawa. La Messe de l’eau du Ngondo se déroulait jusque-là sur un site de trois hectares maximum que le Port Autonome de Douala mettait à sa disposition pour un mois. Le Chef de Sodiko a obtenu que l’Etat du Cameroun concède au Ngondo en propriété privée et de manière définitive un site de dix hectares. Mieux, le négociateur Sawa a reçu et fait consigner dans le rapport définitif que l’industriel soutiendra ad vitam aeternam la célébration annuelle du Ngondo pour un montant variant entre dix et quinze millions de francs, en plus d’une contribution de plus de cent millions de francs pour la construction de la Maison de la culture Sawa, siège du Ngondo. Une palabre à l’africaine qui s’est finalement achevée à la satisfaction de toutes les parties, malgré les interférences de plusieurs courants contraires proches d’une certaine concurrence, qui voulaient faire échouer le projet. Peut-on donc s’étonner que dix ans après le début de la production, l’industrie soit venue souffler sur sa bougie et partager le gâteau d’anniversaire avec le peuple de Sodiko, comme pour reconnaître l’action de son Chef ?
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